Retour aux sources (suite)

Je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous une carte retraçant le parcours effectué par le moine Hyecho (voir le billet précédent) et à pousser un peu plus loin la réflexion.

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Son voyage est proprement hallucinant pour l'époque, aussi bien en terme de kilomètres qu'en terme de chocs culturels qu'il a dû éprouver au gré de ses rencontres. Parti seul, armé de sa seule soif d'apprendre, il apprenait les langages locaux, les cultures, les systèmes sociaux qu'il rencontrait. Raison première de son périple, il suivit l'enseignement du Bouddhisme à sa source et fit la part de cet enseignement originel avec les éléments apportés lors de son arrivée en Chine, et les apports lors de son arrivée en Corée (notamment ceux des croyances chamaniques coréennes).

On s'imagine difficilement refaire ce trajet à notre époque, avec nos moyens modernes. Et pourtant, il l'a fait. A mon sens, le mot "Aventure" s'applique pleinement à son projet.

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Dire que je suis envieux de ce qu'il a accompli est un lieu commun Sourire Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours eu cette envie de voyage et, au delà, de rencontres et de découvertes. Rester sur place me désespère, je suis l'anti Francis Cabrel et ses "Murs de poussière". La sédentarisation ne correspond pas à mon caractère nomade (qui a dit zappeur ?). Et je me dis qu'avec la mondialisation et les frontières qu'elle fait tomber (en tous cas pour les marchandises...), qu'avec le coût des transports bien plus faibles qu'avant, qu'avec les distances qui ne signifient plus rien avec l'avion ; qu'avec tout ceci, il devrait être plus facile de partir, d'habiter ailleurs. Or, force est de constater qu'il n'en est pas ainsi.
 
Qu'est-ce qui nous retient ainsi ? La société, certainement, a son rôle dedans. On peut ranger pêle-mêle la pression du travail qui laisse peu de temps libre ; la pression de la fiscalité et des emprunts bancaires divers qui nous obligent, par ce système de dettes futures, à continuer de travailler pour honorer nos engagements ; la pression sociale exercée par la famille et les proches qui souhaitent nous garde près d'eux ; tous ces facteurs qui nous poussent au conformisme (à être de la même forme que...).
Mais tous ces freins ne sont en réalité rien par rapport à ceux que l'on s'impose soi-même. Après tout, qu'est-ce qui nous empêche de tout jeter en bloc ? Le conformisme est avant tout un choix inconscient, celui de la sécurité au sein d'un groupe au détriment de ses envies personnelles. Quitter ce groupe et jouir de sa liberté, c'est aussi abandonner son confort et sa sécurité (ou en tous cas, il faut alors les assumer seul). Autrement dit, suivre sa propre Voie, c'est ne pas savoir de quoi sera fait demain. Autant dire que vivre en avenir incertain est ce que redoute la plupart d'entre nous.
 
Moi-même, je ne suis pas fou et, si je suis toujours en France après autant d'années de rêve d'expatriation, c'est que je ne suis pas différent des autres. Même si je fomente des "plans d'évasion", ceux-ci sont toujours conditionnés à de multiples assurances et plans de secours. Mais il est un moment où la frustration prend le pas sur le raisonnable et mes critères de sécurité ont tendance à sérieusement diminuer... 
Tout ça pour dire que lire des articles sur des aventuriers comme Hyecho n'est pas forcément recommandable pour moi, ça a une fâcheuse tendance à me faire lever le nez vers les nuages...
Une ombre passe sur la rivière
Un moine passe sur le pont
- "Un moment mon révérend! où portez-vous vos pas?"
Il pointe son bâton vers les nuages blancs
Continue son chemin sans se retourner
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