Muye log

a.jpgVous trouverez ici mes réflexions tournant autour des Muye, qu'ils soient d'origine coréenne ou pas.

Mushim, l'Esprit du Combattant

(article originalement paru dans le magazine Dragon Hors Série Aikidô d'Octobre 2017. Il a été légèrement modifié, notamment par l'utilisation exclusive de termes coréens)

 

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Shim, le Cœur-Esprit

 

Dans les arts coréens, la maxime "Cœur, Technique et Corps ne font qu'un" (심기체일지, 心技体一治, Shimgiche ilji) désigne les trois qualités que tout un chacun doit constamment chercher à améliorer en vue d’obtenir la maitrise de son domaine d’étude. De celles-ci, nous allons étudier le Cœur-Esprit (, , Shim) et, plus spécifiquement au domaine du combat, le Cœur-Esprit du Guerrier (무심, 武心, Mushim).

Paradoxalement, bien que le Cœur-Esprit soit cité en premier, il est, malheureusement, souvent le moins travaillé des trois aspects dans un Dojang. Surement parce qu’à l’époque où les Musul étaient encore effectifs dans le monde militaire, il était considéré comme l'élément au dessus des autres dans le cadre d’un combat et il n’était divulgué qu’en dernier, comme un ultime secret d’école. De nos jours, ces secrets n’ayant plus lieu d’être, il devrait être enseigné en parallèle et en quantité de temps équivalent à la construction technique et physique. Mais force est de constater que le travail du mental (ou le mindset, pour reprendre des expressions plus modernes) n’apparaît pratiquement pas dans les programmes de progression alors que les techniques y sont par ailleurs largement détaillées.

La maitrise du Cœur-Esprit portait sur les trois domaines complémentaires que sont l’Esprit, les Emotions et la Morale que nous allons détailler un par un.

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Gihapsul, ou la science de la Vie

(article originalement paru dans le magazine Dragon Hors Série Aikidô d'avril 2017. Il a été légèrement modifié, notamment par l'utilisation exclusive de termes coréens)

GiKI, calligraphie du temple Kumanō Hongu Taisha, Wakayama, 2016

« Gi » est probablement le concept le plus galvaudé par les pratiquants d’arts martiaux, vu tantôt comme l’élément « magico-spirituel » qui rend invincible, tantôt comme une antique croyance dépassée par la biomécanique moderne, les deux se rejoignant souvent sur le terrain des préjugés hâtifs obtenus à partir d’une mince base de connaissance du sujet. Il est donc intéressant que le présent numéro de Dragon ouvre ses colonnes pour en discuter, le Gi étant de mon point de vue un des éléments essentiels de la pratique martiale.

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Danbong, Jungbong, Jangbong : l’élément Bois du Hapgi

(article originalement paru dans le magazine Dragon Hors Série Aikidô de septembre 2016. Il a été légèrement modifié, notamment par l'utilisation exclusive de termes coréens)

 

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Bâton long contre sabre

 

« Le bâton est la mère de toutes les armes », tel est l’enseignement que l’on retrouve dans nombre d’écoles martiales. En effet, celui-ci fut probablement, notamment sous forme d’épieux, l’une des premières armes, avec les pierres, dont se saisirent les Homo Habilis pour se donner un avantage sur leurs adversaires, fussent-ils animaux ou congénères d’autres tribus. Cette arme, tellement primaire, tournant tellement le dos à la modernité, continue cependant d’être enseignée au sein des écoles martiales. Signe d’un archaïsme ? Ou signe de rusticité nécessaire ? Il est significatif qu’elle fût, dans la plupart des écoles militaires japonaises et coréennes, l’une des toutes premières armes enseignées aux nouvelles recrues (souvent avant le sabre même, et toujours avant les techniques à mains nues), alors que l’on pourrait se demander en quoi elle peut être efficace sur un champ de bataille.

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Hoheup, source de vie martiale

(article originalement paru dans le magazine Dragon Hors Série Aikidô de septembre 2015. Il a été légèrement modifié, notamment par l'utilisation exclusive de termes coréens)

 

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Une respiration, une technique

La respiration est un élément central des traditions orientales : d’inspiration taoïste, bouddhiste ou syncrétiste, les « écoles de respiration » sont nombreuses dans cette région du globe. Accompagnant la vie de la naissance jusqu’à la mort de tout individu, il lui est prêté toutes les vertus liées à la santé physique, émotionnelle et mentale. Mais elle est aussi vue comme une source de force, de pouvoir et d’élévation spirituelle dans des plans de conscience supérieurs. Elle est enfin le dénominateur commun à de nombreuses activités traditionnelles telles que le Shiatsu, les cérémonies du thé, la calligraphie et bien d’autres encore.

Pour comprendre les fondements de la conception de Hoheup (호흡, 呼吸) dans les Muye, je ferai une rapide description de la respiration du point de vue extrême orientale « traditionnelle ». Nous verrons alors l’aspect central, bien qu’invisible, qu’elle revêt dans la réalisation des techniques de combat pour 3 de ses aspects fondamentaux : la structure corporelle et l’équilibre ; les déplacements et les mouvements ; et les rythmes et la génération de puissance.

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Hapgi Tashinsul

Choe frappeUne frappe du professeur CHOE Yong-Sul

 

Parmi les écrits qui nous sont parvenus au sujet du Subak (手搏, chin.= Shoubo, jap.= Shûhaku), la partie du combat à mains nues des guerriers coréens du XIIème siècle, une maxime, « 打踢拿摔 » (Tacheok Nasol), nous décrit les quatre parties d’importance égale le composant : les frappes des mains (, , Ta), les frappes des pieds (, , Cheok), les saisies (, , Na) et les projections (, , Sol). A son instar, toutes les écoles martiales, y compris le Daitôryû (1) et ses descendants, incluent ces quatre éléments dans leur répertoire, ce qui ne veut pas pour autant dire qu’elles les pratiquent de manière identique. En effet, on trouve des différences prononcées tant dans les combinaisons (plus ou moins de frappes, plus ou moins de projections, …), dans les qualités recherchées (souple, dur, long, court, …), que dans les finalités recherchées (civiles, militaires, …). Ainsi, bien qu’il puisse sembler que la méthode de frappe (当身術, 타신술, Tashinsul) d’une école est identique à celui d’une autre, il n’en est souvent rien. Puisque nous sommes entre amateurs, la question qui nous intéresse est alors la suivante : les frappes des écoles Aiki ont-ils leur identité et, si oui, qu’est-ce qui les distinguent de ceux des autres arts martiaux ? Avec comme question subsidiaire, les frappes du Hapgido moderne sont-ils toujours Hapgi ?

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Pourquoi le Taekgyeon est aussi Hapgi ?

(article originalement paru dans le magazine Dragon Hors Série Aikidô de décembre 2014. Il a été légèrement modifié, notamment par l'utilisation exclusive de termes coréens)

Lee yong bok

Issu originellement du Daitô-ryû yawara (comme le répétait à l’envi le professeur CHOE Yong-Sul, fondateur), le Hapgido se distingue de ses racines et de ses cousins nippons du fait de son métissage avec un art local : le Taekgyeon. De ce métissage, aussi bien technique que culturel, est né un style unique et cohérent. Comme il est difficile de mélanger de l’eau et de l’huile, cela veut-il dire que ces deux écoles mères sont de même nature ou, autrement dit, qu’elles partagent des principes communs ? Plus loin, le Taekgyeon partage-t-il le principe Hapgi avec le Daitô-ryû ? C’est ce à quoi je vais tenter de répondre ici.

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Ilchehwa, ou l’instant décisif

(article originalement paru dans le magazine Dragon Hors Série Aikidô d'octobre 2014. Il a été légèrement modifié, notamment par l'utilisation exclusive de termes coréens)

Triptyque

Dans les Muye, l’art de prendre et de garder l’avantage reste l’un des axes de recherche les plus importants. Dans l’art de l’escrime, on cherchera par exemple à contrôler de bout en bout le sabre de l’adversaire, « se l’approprier » jusqu’à ce qu’on finisse par couper son porteur. Dans les arts de préhension de type Yusul, on cherchera aussi à contrôler l’adversaire, c’est-à-dire annuler sa dangerosité, des premiers instants jusqu’aux derniers, c’est-à-dire jusqu’à ce qu’il ne représente plus une menace, quel que soit son état final.

Ce contrôle commence dès que les corps des deux combattants entrent en contact. Nous nous retrouvons alors face à la problématique de l’Ilchehwa (일체화, 一体化), autrement dit comment ne former qu’un corps avec l’adversaire, comment en devenir l’élément moteur et comment conserver cet état de fait jusqu’au terme du combat (en sa faveur, cela va de soi). Répondre à ces questions, c’est trouver le moyen de se mettre en sécurité dans un premier temps, et de prendre l’avantage sur son opposant dans un second.

D’une certaine manière, la qualité d’une frappe repose aussi un Ilchehwa, bien que très bref. Cependant, afin de ne pas alourdir l’article avec des considérations sur la boxe, je limiterai l’analyse aux actions impliquant des saisies, et donc une unité des corps plus prolongée. En réalité, leurs principes en sont pourtant très proches, même si leurs effets sur l’adversaire sont plutôt différents.

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Hapgi, ou l'Aiki vu de Corée

(article originalement paru dans le magazine Dragon Hors Série Aikidô d'avril 2014. Il a été légèrement modifié, notamment par l'utilisation exclusive de termes coréens)

 

David Constant Hapgido

Comme nous l’avons vu dans l’article précédent, les échanges entre Corée et Japon furent nombreux et le Hapgido en est l’un de ses multiples avatars. En tant que descendant du Daitôryû, cette école de combat en partage les principes et les concepts. Ainsi, bien que très différents vus de l’extérieurs, Daitôryû, Aikidô, Hakkôryû et Hapgido, entre autres écoles parmi les plus connues, ont en commun un principe bien particulier : le Hapgi (합기, 合気).

Celui-ci étant plutôt complexe à définir, car protéiforme, chacun  en a son interprétation selon le point de vue à partir duquel il l’aborde, exactement comme dans la métaphore de l’éléphant et des cinq aveugles. Evidemment, les maitres coréens de Hapgido en ont une version sensiblement différente de celle des maîtres japonais. Mais je reste persuadé qu’il s’agit pourtant du même objet et que, différences s’il y a, ne sont qu’à la marge, l’essence du principe restant préservée.

Je vais donc vous présenter une synthèse de mes multiples lectures coréennes. Je ne ferai pas de parallèle avec ce que j’ai pu lire dans des livres japonais traitant d’Aiki afin de garder le message des maîtres coréens aussi intact que possible. Je laisse à tout un chacun le soin de faire une étude comparée si le cœur lui en dit (1).

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Armé et dangereux

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Les armes peuvent faire peur et, d’ailleurs, leur port est très règlementé dans la société française. Ce n’est en tout état de cause que du bon sens citoyen, l’usage de la force devant être réservée aux Forces de l’Ordre. Cependant, tant qu’il n’y a pas un policier à chaque carrefour, voire devant chaque pas de porte, il convient de savoir aussi se passer un peu d’eux et d’être aussi autonome au niveau de sa protection personnelle que possible.

Se posent alors les questions de la place des armes dans notre défense personnelle, et ce au moins à deux niveaux : leur utilisation et la défense contre elles. Que proposent les Muye ? Est-ce adapté à notre société ? Que proposer pour concilier efficacité et conformité à la Loi ?

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De la Tradition et de la remise en cause

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Muye adapté aux défenses contre armes à feu (gardes du corps)


Le monde des arts martiaux (et des Muye) évolue en permanence. Il n'y a qu'à voir le nombre d'écoles nouvelles qui se créent chaque années, et le nombre de celles qui disparaissent presqu'aussi rapidement qu'elles sont apparues. On peut aussi voir des modes fleurir ici et là : mode du Kung-Fu, mode de la Self Défense à tendance militaire, mode du MMA, ... D'un autre côté, un nombre au moins aussi important se prétend traditionnaliste, avec une origine datant idéalement de Mathusalem.

Alors, question : Tradition et nouveautés, quelles sont leurs raisons d'être ? Sont-ils deux objets différents ou sont-ils les deux faces d'une même pièce dont on jouerait sur la dualité pour des raisons marketing ? Comment situer son école ? 

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