Déplacements, un pont entre Soi et l’Autre

(article originalement paru dans le magazine Dragon Hors Série Aikidô d'avril 2018. Il a été légèrement modifié, notamment par l'utilisation exclusive de termes coréens)


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Le déplacement, c’est la vie. C’est tellement vrai que chez la plupart des mammifères, à la naissance, le premier réflexe est de se mettre debout et d’apprendre à courir, bien avant de savoir comment téter. Car il s’agit de pouvoir échapper aux nombreux prédateurs qui ne leur laisseraient aucune chance, trop heureux de chasser une proie qui ne s’enfuit pas à son approche. Une question de survie donc. Concernant l’Homme, se déplacer peut se faire de nombreuses manières : ramper, marcher, trottiner, courir, grimper, descendre, sauter, nager, …, sans compter les déplacements au moyen d’un véhicule : monter sur une monture, conduire, piloter, barrer, … Tenons-nous en à la marche, et plus spécifiquement à la marche martiale.

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1/ Principes généraux

Un combattant doit ici gérer deux problèmes distincts :  être mobile pour ne pas servir de cible à son adversaire et préserver vaille que vaille son équilibre pour ne pas aller au sol, ce qui le mettrait de nouveau dans une position de cible. Or, un déplacement, c’est un déséquilibre à partir d’un état d’équilibre (ou autrement dit d’une posture, Jase, 자세, 姿勢) jusqu’à un autre état d’équilibre. Déséquilibre car, d’une posture avec les deux pieds au sol (en général), je retire un pied du sol, me retrouvant ainsi en équilibre sur un seul point d’appui. Je ne retrouve l’équilibre que quand ce même pied atteint le sol à nouveau. Cette quadrature de cercle (rester équilibré durant une action par nature déséquilibrante) se résout dans les traditions martiales par la gestion du centre de gravité du corps (Jungshim, 중심, 中心), qui se situe au niveau du Hadan Danjeon.

La première règle est que mon Jungshim doit rester sur la ligne qui passe entre mes deux pieds quand je suis dans une posture stable. Par contre, quand je suis en déplacement, donc sur un seul appui, il doit se trouver à l’intérieur du triangle formé par les têtes des 1er (pouce) et 5ème (petit doigt de pied) métatarses et le calcanéus (talon). Cela peut se vérifier par la sensation de pression sur la plante du pied de la jambe d’appui pendant le déplacement : si je me retrouve sur la pointe du pied, il me faut reculer mon Jungshim ; si je me retrouve sur mon talon, il me faut l’avancer ; si je me retrouve sur le tranchant ou sur ma voute plantaire, il me faut mettre du poids à droite ou à gauche. Dans l’idéal, mon pied d’appui devrait avoir une pression à peu près égale en ces trois points durant tout mon déplacement. Il faut donc apprendre à répartir ma masse de manière à ce que mon centre de gravité reste centré. A titre d’exemple, si ma tête avance, mes fesses reculent.

 

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Ce qui amène au deuxième point : pour parvenir à répartir ma masse durant un déplacement, mon corps doit être détendu. En effet, si je suis en tension, mes segments corporels (cou, tronc, bras, jambes) auront du mal à être mobilisés pour me rééquilibrer et mon déplacement, en plus d’être lent, sera quelque peu branlant. De même, j’éviterai de les mettre en bout de mouvement articulaire afin de garder une marge de mobilité, évitant ainsi un effet « contre-pied » en cas de besoin, et aucun d’entre eux (entre autres mes mains) ne dépassera le cercle qui passe par mes deux pieds. Mes tendons seront, en revanche, en légère tension pour conserver une structure stable et éliminer des mouvements parasites des segments qui pourraient rendre erratique le déplacement de mon Chûshin.

Le troisième aspect du déplacement concerne la respiration (Hoheup, 호흡, 呼吸). Dans une marche quotidienne, ma respiration ventrale peut être employée. Durant une marche méditative Zen (Gyeonghaeng, 경행, 経行), une respiration complète correspondra à un pas. Cependant, en phase de combat, le déplacement s’effectuera plutôt en respiration ventrale inversée. Ce faisant, en rentrant le ventre à l’inspiration, les organes seront tirés vers le haut et mon Jungshim s’élèvera un peu, rendant mon pas plus léger. Lorsque mon pied touche de nouveau le sol, l’expiration redescendra légèrement mes organes, mon Jungshim s’abaissera et mon Jase sera plus stable.

 

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Le quatrième point d’attention concerne le déplacement en lui-même. On peut distinguer deux façons d’aborder le pas : la première est ce qu’on nomme une marche Tigre. C’est une marche volontaire, légèrement agressive, avec le Jungshim vers l’avant, on marche comme on gravit un escalier, c’est-à-dire avec une action de la jambe avant. Elle est vue comme une marche active où on repousse le sol. La seconde est appelée une marche Grue. Le Jungshim est cette fois-ci en retrait, légèrement défensif, on marche comme on descend un escalier, donc avec la jambe arrière en appui. C’est une marche passive où on laisse la gravité faire son office. Faire la différence entre ces deux types de marches est important car il détermine quel est mon pied d’appui de prédilection et comment gérer mon Jungshim en accord.

Dernier élément, puisqu’un déplacement est une action déséquilibrante, il faut chercher durant cet intervalle des « actions de rééquilibrage » et éviter les « actions sur-déséquilibrantes ». Ainsi, lors de marche avec croisement de jambes ou de déplacements circulaires, on cherchera en milieu de déplacement une position intermédiaire proche d’une posture naturelle (Jayeonse, 자연세, 自然), bien qu’elle sera un peu plus tassée, avec les chevilles très rapprochées et avec le pied en mouvement ne touchant pas le sol (voire au niveau du genou de la jambe d’appui, en cas de marche haute). Dans cette posture, je laisse mon bras droit au dessus de ma jambe droite et idem à gauche pour éviter d’imprimer un déséquilibre supplémentaire par un effet de torsion de mon tronc. On évitera enfin de multiplier les déplacements de pieds (piétinement), les lignes brisées, les changements de rythme en cours de mouvement, les fentes exagérément larges, en un mot : on cherchera à conserver l’harmonie de son déplacement.

Nous allons maintenant rentrer dans la description des déplacements. Il n’est pas question d’énumérer tous les déplacements possibles, cela prendrait un volume entier. Je vais donc m’attacher à des pas basiques qui permettront de mieux appréhender des combinaisons complexes par la suite. On distingue deux types de déplacements : la marche normale, hors combat mais néanmoins du point de vue martial, et les déplacements durant un combat.

 

2/ Bohaengbeop, 보행법, 歩行法

On regroupe sous le terme Bohaengbeop l'ensemble des déplacements (pas) quotidiens, en dehors d’une situation de combat. Le principe à avoir en tête est que, si j’imprime beaucoup de mouvements au Jungshim, il me devient difficile d'utiliser correctement l'énergie (Gi, 기, ) issue du Hadan Danjeon, et ma respiration ne peut pas être uniforme (arythmie par un effet d’accordéon exagéré). C'est pourquoi il convient d'apprendre à marcher correctement avant même d'apprendre les techniques de combat.

Ainsi, lorsqu'une personne ordinaire se déplace, son Jungshim se déplace verticalement à peu près de 15 degrés de manière sinusoïdale. Cependant, lorsque je me déplace martialement, je chercherai à obtenir un corps flottant (Bushin, 부신, 浮身). Pour ce faire, il est fondamental d'annuler tout mouvement vertical de mon Jungshim. J’éviterai donc d’élever les hanches, tout en ressentant la sensation de glisser horizontalement, sans à-coup avant-arrière. De même, mon bassin restera autant que possible de face afin de ne pas générer de torsion des hanches et de mouvement de balancier des épaules. Garder l’unité hanches-épaules et très important en termes de structure et de respiration.

Autre point, si mon pied atteint le sol de manière exagérée (genre marteau pilon), cela génère un mouvement oscillatoire du Jungshim. Il est donc important de ne pas élever, sans nécessité, le pied trop haut, mais au contraire de pratiquement le faire glisser au ras du sol et de le faire atterrir doucement, de manière quasi-inaudible. Quelles que soient les différentes formes de déplacements des pieds (grands, petits, lents, rapides, ...), toutes sans exceptions doivent être exécutées comme une marche normale. Ainsi, les marches du type "bondissantes", "agitées" ou "écrasantes" sont à proscrire. Enfin, tout comme le principe positif (Yang, , ) est inséparable du principe négatif (Eum, , ), lorsqu'une jambe se meut, l'autre se déplace aussi de manière spontanée et naturelle, maintenant ainsi un écart entre les deux pied ne dépassant pas la largeur de mes épaules.

 

3/ Unjokbeop, 운족법, 運足法

Unsokuhô concerne, quant à lui, les déplacements des pieds lors de l'application des techniques de clés, de projections, de frappes, de coups de pied, donc pendant le combat. Contrairement à la marche ordinaire, mon Chûshin sera sujet à des variations de direction importantes dans les trois plans (que je vais détailler ci-dessous) du fait du « combat de Maai » qui se joue entre mon adversaire et moi.

3.1/ avancer-reculer (Jintoe, 진퇴, 進退)

Ils sont parfois catégorisés en "Pas dans les Quatre Directions" (Shiho, 四歩, à ne pas confondre avec Sabang, 사방, 四方, les quatre directions) ou en "Pas dans les Huit Directions" (Palbo, 팔보, 八歩) : avant, arrière, droite, gauche et les quatre diagonales. Quelle que soit la direction choisie, je ne présente jamais mon dos à l’adversaire et mes hanches lui font toujours face. Dans ce déplacement, mes hanches suivent une simple translation d’un point A à un point B. Les mouvements vers l'avant (Seonjin, 선진, 前進) ont une forte relation avec les intentions d'attaque et de défense en donnant une position, une distance et une forme de corps adaptées, permettant attaque et défense dans le même temps. La technique de la ligne droite nécessite pourtant de garder un cœur ouvert à toutes les directions, tout en se concentrant sur l'avant. Les mouvements vers l'arrière (Hutoe, 후퇴, 後退) concernent les fuites et impliquent de choisir entre une défense et une attaque.

 

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Gyejok (계족, 繼足) : il s'agit du pas glissé, les jambes ne se croisent pas. Le mouvement du Chûshin reste horizontal. Ici, le mouvement débute avec le pied avant, suivi presqu'immédiatement du pied arrière. Lors du déplacement, le Seika Tanden ne doit pas être relâché. Ce mouvement peut s'effectuer vers l'avant (dessin de gauche) ou en reculant (dessin de droite).

 

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Bojok (보족, 步足) : il s'agit du pas croisé, autrement dit de la marche normale lorsque l'on marche dans la rue. A la différence de la marche normale, Bojok ne doit pas être trop grand de manière à ne pas décentrer le Jungshim par un déplacement trop circulaire de celui-ci (mouvement trop circulaire des hanches et des épaules) ou trop excentré (mouvement pas assez proche de la ligne centrale). En d’autres mots, les hanches devraient rester de face, ce qui limite la fente du pas mais permet de garder un meilleur équilibre.

3.2/ tourner (Jeonhwan, 전환, 轉換)

Lors de ce mouvement, si je fais face vers l'avant, tout d'un coup, je fais face vers l'arrière ; si je fais face à l'arrière, tout d'un coup, je fais face vers l'avant. Il s’agit donc de déplacements qui changent ma direction via par un déplacement circulaire (Hoejeon, 회전, 回轉) de mes hanches, en général à 180°, bien que d’autres angles soient possibles. De ce fait, certains déplacements en Tenkan m’amèneront à présenter mon dos à l’adversaire mais, idéalement, dans une position qui me protègera de ses attaques. Dans ces déplacements, mon Jungshim peut être amené à avoir des positions de départ et d’arrivée identiques mais son orientation aura changé.

Les Jeonhwan peuvent être catégorisés de trois  manières : avec le centre du mouvement circulaire face à soi (Naejeonhwan, 내전환, 転換) et avec le centre du mouvement circulaire derrière soi (Oejeonhwan, 転換) ; en tournant vers la droite (Ujeonhwan, 우전환, 転換) et en tournant vers la gauche (Sajeonhwan, 사전환, 転換) ; dans un mouvement dirigé vers mon avant (Seonjeonhwan, 선전환, 転換) ou dans un mouvement dirigé vers mon arrière (Hujeonhwan, 후전환, 転換).

Pour les déplacements en Jeonhwan, bien plus que pour ceux en Jintoe, la position intermédiaire est extrêmement importante car la force centrifuge générée par ce déplacement giratoire me fera plus facilement perdre l’équilibre. Maintenir mon Jungshim dans le triangle de mon pied d’appui et garder un Jase compact sont alors plus que nécessaires.

 

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Naejeonhwan : quel que soit le pied servant de pivot, l'autre pied décrit un arc de cercle de 180°. En garde à gauche, c'est le pied droit qui décrit ce demi-cercle en direction de ses doigts de pied. Autrement dit, le centre du cercle que je décris est face à moi.

 

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Oejeonhwan : les principes sont identiques à ceux de Uchi tenkan, à la différence que, en garde à gauche, le pied droit décrit un arc de cercle en direction de son talon et le centre du cercle que je décris est dans mon dos.

3.3/ s’asseoir (Anjeo, 앉어, ) et sauter (Twieo, 뛰어, )

 


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Lors de certains déplacements, mon Jungshim peut subir des variations d’altitude. Ainsi, il peut être amené à descendre, ma position d’arrivée pouvant varier d’une posture accroupie, à genou (Banshin, 반신, 半身), assise (Anjeo, 앉어, ), allongée au sol, voire descendre en position de roulade basse. On dit qu’il prend l’énergie du Ciel (Jeongi, 전기, 天気) comme si le Ciel m’écrasait au sol, ce qui est une façon imagée de représenter l’apport de la pesanteur pour ce déplacement quand on utilise un retrait des appuis.

 

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En sens inverse, mon Jungshim peut s’élever si je surélève ma posture, jusqu’à devenir un saut, c’est-à-dire un déplacement où mes deux points d’appui auront quitté le sol. On trouvera ici tous les mouvements que le Hapgido affectionne : chutes et roulades hautes, roues, sauts de mains, flips, et autres acrobaties. Ici, c’est l’énergie de la Terre (Jigi, 지기, 地気) qui est empruntée pour s’élever.

3.4/ combinaison des trois déplacements de base (ou pas)

Jintoe, Jeonhwan et Anjeo-Twieo peuvent se combiner à l’infini en fonction des besoins du combat. On peut évoquer un Jintoe vers l’avant suivi d’un Oejeonhwan à l’extérieur de l’attaque ; un Naejeonhwan suivi d’un passage en Banshin (pour une attaque aux parties ou effectuer une clé de jambe) ; Un saut vers l’arrière pour se mettre à distance suivi d’un Seonjin pour contre-attaquer. Certaines techniques utilisent plus de deux déplacements et les combinaisons s’en retrouvent multipliées encore, trop pour qu’on en fasse une étude exhaustive ici.

J’évoquerai ici brièvement les non-déplacements (dans le sens où mes pieds ne quitteront pas leur position initiale, restant enracinés) mais qui impliquent tout de même un léger déplacement de Jungshim. Le mouvement le plus représentatif concerne le transfert de poids de la jambe arrière à la jambe avant (translation du Jungshim vers l’avant afin de présenter un « mur » à l’attaque adverse) et de la jambe avant vers la jambe arrière (translation du Jungshim vers l’arrière pour absorber une attaque). D’autres déplacements de Jungshim sans déplacement des pieds peuvent impliquer un tassement sur mes appuis ou un saut sur place, une esquive rotative du haut du corps (retrait des épaules), une esquive des hanches, ...

 

4/ Les déplacements dans le combat

Maintenant que nous avons parlé technique, parlons un peu tactique. A quoi cela sert-il de se déplacer en combat ? C’est que le déplacement est un outil indispensable pour la gestion de l’espace­-temps du combat (Ganhap, 간합, 間合)

Pour la partie spatiale, la première donnée est le réglage de la distance. Est-ce que je veux me rapprocher pour le gêner ou lui porter une attaque ; ou est-ce que je veux m’éloigner pour me protéger ou sortir une arme ? La deuxième est l’angle auquel je veux parvenir. En général, je voudrai garder l’adversaire dans mes « 0 heures », soit face à moi car cela m’offre plus d’opportunités d’attaque. Mais je peux très bien choisir de le garder dans mes « 6 heures », donc derrière moi pour des raisons techniques ou tactiques, ou encore tout autre angle. A contrario, je souhaiterai ne pas rester dans les « 0 heures » de l’adversaire afin de ne pas lui laisser trop d’opportunités d’attaque. Comme le dit l’adage, « toujours faire face à l’adversaire, ne jamais rester face à ses attaques ». Le troisième élément spatial du déplacement est le choix de la hauteur. Même si la plupart du temps, je choisirai de rester debout, je peux aussi choisir de descendre sur mes appuis (pour profiter de mon poids de corps pour appliquer une clé articulaire ) ou de prendre de l’altitude (pour esquiver une attaque basse par exemple).

Concernant le temps du combat, le déplacement me permet tout d’abord de me saisir de l’initiative (Seon, , ), selon que je le fais démarrer avant, pendant ou après l’attaque. Je prends ainsi le contrôle du rythme du combat et le fais varier à mon gré. D’un pas rapide, je peux l’accélérer, d’un retrait au ralenti, je le décélère, sans déplacement, je créée un vide.

De manière générale, le déplacement fait de moi une cible difficile à toucher pour l’adversaire. Je peux aussi entamer de faux déplacements afin de le feinter, le gêner, le rendre confus quant à ma position et à ma destination. Mais ce sont aussi ces pas qui me permettront de passer mes techniques sur lui, de me mettre à distance de poing ou d’accéder à une ouverture dans sa garde. Comme on le voit, le déplacement est autant un outil de protection que d’attaque, et souvent les deux phases sont confondues.

 

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Une conclusion

Parce qu’en tant qu’adulte, on marche depuis bien des années, on peut avoir l’impression que se déplacer est un sujet trivial. Or, bien souvent, on ne sait pas réellement comment marcher efficacement. Nombre de personnes perdent l’équilibre facilement, se meuvent de manière un peu gauche, sont raides, ne savent pas s’adapter à un rythme, … Aussi, comme on réapprend à respirer dans les écoles de Yoga ou de bouddhisme Seon, il faut parfois savoir reprendre les bases du déplacement avec un œil neuf.

Comme on a pu le voir, trouvant ses racines dans le Jase et le Hoheup, il est lui-même le moteur du Ganhap et du Seon. Il est donc le liant entre mon intérieur et ma relation à l’autre, en un mot : un pont entre Moi et Autrui. Sa solidité, et donc sa maitrise, est un des préalables à ne surtout pas négliger dans le « must have » du bagage du combattant.

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