Son salligi - faire vivre la main

Librement traduit du livre "Hapki Yeongu" du professeur KIM I-Su et du livre "Hapkido - Sulgi Gyobon - Chodanpyeon" de CHOE Sang-Heon)

Son Salligi (손 살리기) est peut-être le principe le moins spectaculaire du Hapkido, en même temps qu'il est l'un des plus fondamentaux. En effet, il repose sur l'idée que les mains sont constamment en mouvement, c'est à dire sous tension ("en plein de Ki") que ce soit lors de l'application, entre autres, des principes de saisie (Japneun Bangbeop - 잡는 방법) ou des principes de mouvements en cercle (Weon undong eui Sunri - 원 운동 의 순리), mais qu'en aucun cas une main ne doit rester morte ("sans écoulement de Ki"), même la main qui ne serait pas impliquée dans une action.

1 - Napalkot - le principe du Volubilis (나팔꽃)


Le Volubilis est une image que les Hapkido-in devraient avoir en mémoire pour se représenter cette forme de main. Fleur venue de Chine, elle était connue pour son usage médical.Cette plante grimpante a la particularité de "coller" à son environnement et sa fleur s'ouvre très tôt dans la mâtinée pour se refermer le soir très tard.

 

Voici la forme que devrait prendre la main à tous moments. La main se développe comme le Volubilis, ou comme le disait le professeur CHOE Yong-Sul "Faites comme les baguettes de l'éventail que l'on déploie".

 Pour les débutants, c'est un mouvement simple à appréhender mais qui pourtant demande à être travaillé en permanence. Comme le montrent les photos ci-dessus, les principales erreurs de débutant sont : les doigts beaucoup trop écartés (diffusion de l'énergie au lieu de sa concentration), les doigts en "griffe de tigre" (qui concentrent l'énergie sur le bout des doigts) ou les doigts trop tirés vers l'arrière (qui concentrent l'énergie dans la paume).

Par la suite, il convient de diriger cette main selon la direction que l'on veut lui faire prendre : par exemple, ci-dessus, vers le haut (rotation autour de l'axe du pouce) et vers le bas (rotation autour de l'axe de l'auriculaire).

 

 

2 - Japgi - les saisies (잡기)

Il s'agit de saisir l'adversaire sur n'importe quelle partie de son corps, de la même manière que le feraient un joueur de golf avec son club, un joueur de tennis avec sa raquette ou un sabreur avec son sabre. Il ne s'agit donc pas d'avoir une poigne forte mais il s'agit d'adhérer à l'adversaire de manière à bloquer ses mouvements. Comme dans les sports cités précédemment, la saisie ne se fait en principe pas avec le pouce et l'index. Dans le cas du sabre, la saisie se fait avec l'annulaire et l'auriculaire serrés, le majeur serrant de manière plus détendue et le pouce et l'index saisissant sans coller (sans force, mais nous verrons plus bas que ceux-ci peuvent avoir un rôle de pression ; par contre la saisie réelle se fait avec les derniers doigts)

 

 

Les deux premières photos présentent une saisie de main (au niveau du tranchant de la main de l'adversaire) où le pouce fait pression sur le muscle à la base de son pouce (Hapgokbu Japgi - 합곡부 잡기), le contrôlant ainsi parfaitement. La troisième photo présente le principe de "recouvrement du poignet" (Sonmok Geolchigi - 손목 걸치기). C'est un mouvement très important à travailler car les débutants ont tendance à mettre trop de force dans cette saisie, alors que, ce faisant, l'adversaire concentrera sa force sur son poignet, rendant difficile l'application de toute technique. Deux autres applications ci-dessous, dont la dernière avec deux mains :

 

 

Enfin, une dernière application ci-dessous avec pression du pouce sur le dos de sa main. Aucune de ces techniques de saisies ne peut se faire sans concentrer l'énergie dans sa propre main, il convient donc de mettre toujours de la vie dans ses mains.

 

Un détail de la saisie d'un poignet... Notez la position des doigts...

 

3 - Sonmok Paegi - les sorties de saisie du poignet (손목 패기)

Lorsque l'adversaire saisit mon poignet ou toute partie du corps, dès que le contact est établi, les mains se mettent à vivre (énergie + mouvement). Basiquement, il convient de se déplacer là où l'adversaire applique le moins sa force. Nous présenterons juste quelques techniques de sortie de poignet de base ci-dessous (par le bas, par le haut, par le côté) :  

 

 


4 - A'uk Neokki/ Hyeldobeop - Pression de l'index/ Principe des points de pression

Pour finir cet article, la main vivante doit la plupart du temps pouvoir appliquer des pressions douloureuses sur l'adversaire de manière à briser sa concentration et à faciliter le passage de techniques. La manière la plus courante est l'application d'une pression avec la base de l'index tendu, principe dénommé A'uk Neokki (아욱 넣기) tel que montré ci-dessous :

 

Enfin les pressions sur les point douloureux (Hyeoldobeop, 혈도법) peuvent être effectués avec de nombreuses parties du corps qui soit un peu pointues (coude, genou, menton, doigts, ...) mais la plupart du temps, celles-ci sont effectuées avec le pouce tel que montré dans l'exemple ci-dessous (pression du pouce dans la gouttière du poignet) :