[18] Gwonbeop - la boxe

(Texte traduit et photographies extraites du site www.muye24ki.or.kr)

Le Gwonbeop (권법, 拳法, Principes de Poing), en tant que Muye pratiqué à mains nues, était enseigné avant même le sabre. En effet, lorsque vous perdiez vos armes, il ne vous restait que votre corps pour vaincre votre adversaire.

Parvenu de Chine sous la forme de 32 postures, on trouve en fait 38 postures de Gwonbeop dans le "Muye Dobo Tongji". Des postures telles Hyeongakheo'ise (현각허이세), Yoranjuse (요란주세), Sunranjuse (순란주세) ou Bokhose (복호세) démontrent l'influence chinoise. La particularité du Gwonbeop est qu'à l'instar du Subak, on note l'emphase sur les techniques de poing par rapport aux techniques de pieds. Si l'on recherche dans les archives, on trouve que ces caractéristiques se retrouvent principalement dans le Janggwon (Poing Long, 장권, ) de JO Taejo (조태조). Si l'on compare encore les Gwonbeop présentés dans le "Muye Jebo" (무예제보) et dans le "Muye Dobo Tongji", on remarque pourtant l'ajout de 6 postures supplémentaires.

CHEOK Gye-Gwang (척계광, général chinois du 16ème siècle, Chin.= QI Jiguang, 戚繼光), auteur du "Gihyoshinseo" (기효신서, chin.= Jixiao Xhinshu, 紀效新書), a dit :"Le Gwonbeop n'est pas un Muye utilisé pour faire la guerre. Mais, pour les personnes qui doivent habituer leur corps, leurs bras et leurs jambes à se mouvoir rapidement et fluidement, il est le premier pas nécessaire avant l'introduction aux Muye armés". De plus, MO Won-Eui (모원의, chin.= MAO Yuanyi, 茅元儀) a dit dans le "Mubiji" (무비지, chin.= Wubeizhi, 武備志) : "De la même manière que la maîtrise du point est la première étape pour dessiner le caractère Yeong (, ) ; de même qu'il faut apprendre à seller un cheval avant de le monter ; ainsi est le Gwonbeop". (NdDC : le caractère Yeong est un sinogramme qui contient l'ensemble des traits que l'on peut retrouver dans tous les autres sinogrammes, ce qui fait de lui, selon la théorie des "Huit Principes du Caractère Yeong" (Yeongja Palbeop, 영자8법, 永字八法), LE caractère que tout calligraphe doit maîtriser absolument)

DANG Sun-Ji (당순지) dit dans le "Mupyeon" (무편) : "Le Gwonbeop est fait de postures, mais son essence est dans le changement. Comme toute clôture et toute porte qui permettent de recevoir et d'attaquer, ainsi sont les postures. Mais s'il existe des postures dans le Gwonbeop, dans la réalité du combat, il faut pratiquer des changements de postures en fonction des situations. Il n'y a pas de posture correcte adaptée à toutes les situations, mais les postures de base ne devraient pas être négligées pour autant".

On peut noter aussi que durant la période Dangsong (당송시대, 唐宋, période correspondant à l'arrivée des SONG au pouvoir en Chine, milieu du Xème siècle), une distinction s'est opérée dans le Gwonbeop entre "Poing Externe" (Oegagwon, 외가권, 外) d'une part, et "Poing Interne" (Naegagwon, 내가권, ) d'autre part.