[muye] Muye Ohaeng - les 5 éléments du Combat

Le Muye ohaeng (무예 오행, 武藝 五行) est le cycle des cinq éléments associés aux Muye. Bien entendu, il ne s’agit pas de l’application stricte de la règle des Ohaeng, dans le sens où les cycles de génération (Sangsaeng, 상생, 相生) et de domination (Sanggeuk, 상극, 相克) ne s’appliquent pas nécessairement. Cependant, comme le souligne la théorie générale des Ohaeng, ces cinq éléments sont interdépendants et l'un n'a pas de place hiérarchique plus importante qu’un autre. Aussi convient-il de rechercher à développer harmonieusement chacun de ces cinq éléments car, si l’un est trop faible ou trop fort par rapport aux autres, ce déséquilibre annulera le bénéfice de tous les autres, tout comme c’est le maillon le plus faible d'une chaîne qui détermine la véritable force de celle-ci. 

On suppose que ces Cinq éléments du Muye sont une évolution de la théorie des Trois Eléments issue d'écoles japonaises : le trio Esprit-Technique-Corps (Shimgiche, 심기체, 心技体, jap.= Shingitai). A ces trois éléments ont été rajoutés les éléments liés à l'Energie et à la Tactique-Stratégie, ce qui donne par ordre d'apparition les cinq éléments suivants : le Corps, l'Energie, la Technique, la Tactique et l'Esprit. Ce sont les cinq éléments à toujours faire évoluer de manière harmonieuse afin d'acquérir une forte efficacité au combat.

 

1- le Corps (Che, 체, 體)

Le travail du corps est le premier élément, celui qui conditionne tous les autres, puisque le combat l’utilise comme vecteur et que ses limites constituent le plafond au dessus duquel on ne peut plus agir. En outre, le combat impose de facto le contact physique entre soi et l'adversaire soit pour frapper, soit pour saisir, soit pour porter une arme  (hormis peut-être quelques techniques tels que les Hapgitu, 합기투, 合氣投, projections sans contact ; ou les fameux combats de volonté, les yeux dans les yeux Clin d'œil )

Pour imager cet élément, j'utiliserai comme comparaison les sports automobiles : il faut transformer notre Deux-Chevaux en Ferrari (quoi que l'image d'un SUV serait plus appropriée aux Muye...) en lui changeant le moteur, en lui modifiant les pneus, ... Bref, basiquement, il s'agit de lui augmenter ses performances. Les axes de travail pour les Muye sont principalement : la résistance (le système musculo-cardio-vasculaire), la souplesse et la puissance (les deux sont très liés), la vitesse d’exécution et la fluidité d‘enchaînement, l'équilibre, la précision (lien sensitivomoteur), ...

 

2- l'Energie (Gi, 기, 氣)

Le travail du Gi est souvent mal considéré du fait de la confusion ambiante régnant autour de ce terme : notamment, il y a confusion entre le Gi, énergie consommée pour l’entretien et l’activité du corps (carburant et comburant) ; et le Gi, onde imprimant accélération et vitesse importantes à un membre (énergie cinétique, entre autre). Il s'agit ici de bien distinguer les deux, en ce qu'ils sont deux axes de travail différents.

Continuant sur la comparaison avec une automobile, rien ne sert d’avoir la voiture la plus puissante si on n’entretient pas son moteur car la panne guette alors à tout moment. Niveaux d'huile, de carburant, l'aération, l'allumeur, le gonflage des pneus, le nettoyage intérieur et extérieur, … Le travail du Muyein tourne alors autour de l’entretien de son corps et de sa santé (Gigong, 기공, 氣功, pris dans son sens le plus large). Les axes de travail sont la respiration, l’alimentation, l’hygiène, la structure bio-mécanique, les méthodes de guérison (auto et par tiers), la souplesse et la détente des chaînes tendino-musculaires, … Puis dans un second temps, le travail sur l'émission d'ondes de choc (Balgyeong, 발경,發勁) apparaît, faisant le lien avec les techniques.

 

3- la Technique (Sul, 술, 術)

Maintenant qu’on a un corps performant et bien entretenu, prêt à l’usage, l’étape suivante consiste à apprendre les différentes manières de l’utiliser afin de remporter une victoire sur son (ses) adversaire(s). Si l'on continue sur la comparaison avec une voiture, il s'agit de savoir la conduire : comment manoeuvrer, comment prendre les virages, faire des dérapages, freiner d'urgence et accélérer intelligemment, gérer les aquaplanings, dépasser, connaître le rayon de braquage, ...

Le corps est capable de beaucoup d’actions très différentes. Celles-ci peuvent être regroupées, dans les Muye, en tant que frappes des pieds et des mains, saisies, projections, clés articulaires, immobilisations et étranglements. Mais le corps peut aussi se voir adjoindre des outils comme des lames (couteaux et poignards, sabres et épées, lances et hallebardes), des armes contondantes (bâtons de différentes tailles, matraques), des armes articulées (chaînes, cordes), des armes de jet (pierres, flèches, billes)… et toutes sortes de compositions intermédiaires.

 

4- la Tactique (Ryak, 략, 略)

Quand on a la possibilité d’effectuer un nombre très important de techniques, la question qui se pose ensuite est : "parmi toutes, laquelle choisir et pouvoir utiliser pour vaincre ?" La réponse est tout d'abord fonction des circonstances : moi (ma condition physique et mentale, mes capacités techniques), l'adversité (nombre, armement, motivations, ...), le lieu et le temps, … Selon ces conditions, certaines techniques deviennent inappropriées, d'autres s'imposent naturellement. Mais le choix est aussi, dans une certaine mesure, fonction des critères personnels (croyances, valeurs, objectifs, …). Par exemple, on peut apprendre à tuer et être tout à fait contre ôter la vie à son prochain : certaines techniques se trouvent donc de facto exclues du scope des choix.

Reprenons notre automobile : il s'agit de voir et connaître les panneaux, de savoir lire une carte, de choisir les meilleurs trajets, de faire attention à la météo pour adapter sa conduite, de faire attention aux autres véhicules, ... Les axes de travail sont l’observation, l’analyse, la prise de décision de la meilleure technique à effectuer, la recherche du meilleur rapport risque/opportunité, la recherche d’efficience (nécessaire et suffisant), la recherche d’utilisation optimale des circonstances (terrain, météo, temps, conditions, …), la mise en valeur de mes points forts et des points faibles de l' (des) adversaire (s), ...

 

5- l'Esprit (Shin, 신, 神)

Enfin, l’Esprit ou le Mental est le dernier élément important dans un combat (mais pas le moindre, de loin). Toutes les qualités qui précèdent peuvent voir leurs effets annulés par un effondrement mental dû à la panique, ou à une indécision trop importante, ou à un simple manque de vigilance. Un Esprit fort et disponible laisse les actions s'effectuer fluidement et fermement.

Si on continue sur l’image de la voiture, il s’agit in fine de polir le conducteur. S’il est un pilote timoré ou endormi, il y a peu de chance que sa voiture gagne la course à elle toute seule. Les axes de travail portent sur la gestion des sentiments (entre autre la peur), la moralité, la force de volonté, le vide mental, la vigilance, l’état d’esprit du combattant, ...

Date de dernière mise à jour : 12/11/2011

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