Stage de Taekgyeon 17 et 20 septembre 2007

(Bien qu'il y ait eu 2 stages, un le lundi soir et l'autre hier, je vais faire un résumé comme s'il ne s'était agi que d'un seul et unique pour éviter les bis repetitae)

Tout d'abord un petit portrait de nos deux intervenants : Jean-Sébastien BRESSY est un jeune homme tout à fait charmant qui vit son art. Très pédagogue, il sait transmettre les détails importants avec précision et il sait communiquer sur ce qu'est le Taekgyeon. Hendrik RUBELLING est lui aussi tout à fait sympathique, abordable, très bon technicien en même tant que bon pédagogue aussi. Tous les deux ont su faire régner une ambiance de détente et de jeu : le Taekgyeon rendrait-il les gens relax ? Personnellement, j'aurais tendance à penser que oui et c'était visible sur les stagiaires : pas de testostérone, pas de rivalité, juste du jeu en même temps que du travail et du plaisir.

Les cours commencent par un échauffement : frappes (douces) du dessus du pied dans le creux du genou, frappes du plat du pied sur le bas de la cuisse, élévations du talon sur la hanche opposée, mouvements circulaires du bassin, des genoux et des chevilles. Puis, plus classiquement, échauffement du cou, des épaules

Vient le travail des Pum balgi (
품밟기), les déplacements en triangle. Il y a principalement deux types de Pum balgi : l'un avec la base du triangle devant soi, l'autre avec la base du triangle derrière soi. Le plus difficile, en dehors de la coordination entre les mouvements de bras et de jambes, est certainement d'acquérir un état de relaxation nécessaire à la bonne fluidité du mouvement. Comme nos intervenants nous l'ont dit, il ne doit pas y avoir d'arrêt du mouvement en Taekgyeon, un déplacement s'enchaîne à un autre déplacement sans arrêt sur une position intermédiaire. C'est quand même là qu'on rigole bien, de se voir le uns les autres empêtrés dans nos mouvements un peu saccadés il faut bien le reconnaître. En outre, au delà de tout cela, c'est aussi une forme de corps à acquérir toute en détente (dans le sens sans tension et dans le sens bondissant). S'enchaînent Pum balgi sur place, déplacements en avant puis en arrière où là aussi, certains ressemblaient assez à Aldo Maccione et sa classe américaine...

Le travail des Tanchuk est aussi intéressant : ce sont des attaques de jambe basses (sous la ceinture) dont la particularité est de ne pas faire mal au partenaire mais, en quelque sorte, de venir poser le pied et de pousser soit avec le plat du pied, soit avec le dessus du pied (c'est valable pour tous les coups de pieds en général. en compétition, nous explique-t-on, un coup qui claque est éliminatoire car il ne faut pas faire de mal, il faut juste déséquilibrer). Donc coups de pieds pendulaires à la cheville, crochet vers l'extérieur, crochetage avec le mollet, coup dans l'intérieur de la cuisse, coup d'arrêt au genou, ... Ce qui est dur est justement de ne pas faire mal : notre habitude de frapper et parfois difficile à doser quand il ne s'agit que de poser et pousser. Deuxième chose : le travail de hanche est très prononcé afin de générer suffisamment de puissance dans la poussée.

Pour les coups de pied hauts, nous voyons quelques coups de pied de base : un coup de pieds direct sans plier le genou, un coup de pied type Ap chagi en piston (le but étant toujours de pousser, non de blesser), un circulaire classique, un circulaire inverse (genre fouetté italien, si je ne m'abuse), porté au visage. Le tout toujours en liaison avec les déplacements en Pum balgi pour corser la difficulté...

En outre, dans tous les mouvements, il y a une liaison à effectuer avec les Kihap particuliers du Taekgyeon : les fameux "Ik" et "Ek". Drôles au départ, on ressent comme une évidence au fur et à mesure qu'on pratique. Le troisième Kihap est "Ko" sur les attaques poussées.

Par la suite, nous avons pratiqué quelques petits Daeryeon d'application des Tanjuk. Il est toujours très drôle de pousser et d'essayer de ne pas tomber soi même, de saisir et de repousser la saisie de l'adversaire. Une sorte de jeu de chat et de la souris où le travail de déplacement, d'équilibre et de puissance de hanche se révèle en plus des autres qualités attendues habituellement d'une compétition : vitesse, ruse, distances et angles, timing. Le tout toujours dans une ambiance détendue, voire enfantine : pour ma part, j'ai trouvé cela très rafraîchissant, très différent de l'ambiance habituellement martiale de nos cours de  Hapgido.

Pour finir, nos intervenants nous ont démontré d'autres facettes du Taekgyeon : un combat souple mais néanmoins dynamique avec coups de pieds hauts et bas, saisies, projections, la totale en somme. Puis un Bontae (forme type Pumsae) de 200 mouvements à peu près : très fluide, très en souplesse, sans tension aucune, tout en rondeur, sans formation de poing, pratiquement comme une danse. En bref, on ne peut vraiment pas le confondre avec une forme de Taegwondo (ni mieux, ni moins bien, juste très différent).

Il ne me reste qu'à remercier nos intervenants pour l'enseignement prodigué, mon instructeur Jérôme pour avoir attribué 2 de ses créneaux de Hapgido pour ces stages et les personnes qui sont venues apporter leur bonne humeur.

Date de dernière mise à jour : 01/11/2011