Armes collectives Traditionnelles

La Corée a souvent été décrite comme un pays un peu arriéré quant à son acceptation de la modernisation, et notamment quant à la modernisation militaire. C'est en partie vraie : largement influencés par les pensées confucéennes durant l'ère Joseon, les différents gouvernements ne montrèrent que peu d'intérêt pour la chose militaire. Pour eux, la lame sortie de son fourreau était la source de tous les maux et les armes étaient des outils qu'il valait mieux tenir le plus éloigné possible de soi.

Pour autant, les Coréens étaient un peuple curieux de tout et ouvert aux avancées technologiques. Plus d'une leur sauvèrent la mise lors de confrontations car, malgré leur bravoure, leur ténacité et leur sens diplomatique reconnus par leurs voisins, leur petit nombre ne pouvait suffire à contenir les appétits de leurs encombrants voisins. Le seul défaut à cette envie d'apprendre aura été à mon sens le manque d'envie de passer à un stade industriel de grande échelle.

Quoi qu'il en soit, voici un échantillon de ce que l'Histoire aura su préserver :


1 - les navires


Geobukseon - le bâteau Tortue (거북선), époque Joseon.

Grâce à l'Amiral I Sun-Shin (이순신, 李舜臣), ce fut ce type même de navire qui mena à la victoire lors des deux tentatives d'invasion de la fin du 16ème siècle exécutées par le Shôgun TOYOTOMI Hideyoshi (豊臣 秀吉). Ce bâteau était étonnant de modernité : artillerie embarquée pour des attaques à distance (et non des éperonnages comme il était de coutume de faire à cette époque, 12 pièces par bord), protection d'une carapace blindée et étanche, fumigènes sortant de la gueule de la proue (gazs suffocants et brouillard artificiel), dispositifs anti-éperonnages et anti-abordages, 22 meurtrières pour les tirs de mousquet. Il avait deux allures : l'une de route avec deux mâts rabattable (escamotables ?) et rames et une de combat où les mâts étaient rabattus, uniquement à la rame, les rameurs étant totalement protégés contre les tirs de flèches. Dans ce dernier cas, il ne restait qu'un petit mât sorti pour y pendre les têtes des amiraux japonais capturés puis décapités. Il apparaît que malgré tout cet attirail, ce bateau était remarquablement rapide et manoeuvrable par rapport à ceux de cet époque (et notamment comparé aux navires de type Atake avec leurs château de trois à cinq étages).



Gyeondang Muyeokseon - Navire de commerce "militaire" (견당무역선)

 


2 - l'Artillerie

 

Bullanggi - un "Cracheur de Feu" (불랑기), époque Joseon


Sajeon Jangchongtong - Canon long (사전장총통), époque Joseon


Sam'anchong - mortier (삼안총), époque Joseon


Sam'yeon Japo - canon à trois bouches (삼연자포), époque Joseon


Oyeon Japo - canon à cinq bouches (오연자포)
, époque Joseon


Jungpo - canon lourd (중포), époque Joseon.


Shingi Jeonhwacha - lance "fusées divines" (신기전화차), époque Joseon.

Une sorte d'ancêtre de lance-roquettes qui permettait de tirer de nombreuses lances à très longue distance.


3 - Divers objets



Samyeonggi - drapeaux de guerre (사명기), époque Joseon


Yeojado - plan d'époque (여자도), époque Joseon. Plutôt pas trop mal réussi pour l'époque.


Note de DC : comme vous pouvez la voir, à l'instar du Japon, la Corée n'était pas si ignorante des nouvelles technologies militaires. Ce qui lui aura certainement manqué, c'est la volonté de développer ces armes, dû à une culture qui répugnait au combat (lui préférant la littérature et l'art) et à l'absolue conviction que le Grand Frère chinois saurait le protéger (après tout, la Corée lui payait un tribut en signe d'allégeance et en échange de sa protection ; mais la Chine n'allait bientôt plus pouvoir assurer sa propre protection). Il aura fallu l'électrochoc de l'occupation et de la guerre fratricide avec le frère du Nord pour que les Coréens reconsidèrent la place de l'armée dans sa culture.

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