Une Histoire des Arts Equestres

(Librement traduit de l'excellent site Chunghongdang.com)

 

 

Concernant les arts militaires montés, il est difficile de savoir exactement à partir de quand ils sont devenus effectifs. Mais l'on connait l'existence des Gibyeong (기병,  , littéralement des militaires montés) du royaume de Buyeo, se battant à dos de cheval avec des arcs, des épées, des lances, montant des chevaux réputés (Myeongma, 명마, 名馬). On trouve relatées dans les archives des scènes de dressage de chevaux vers le 5-6ème siècle avant Jésus Christ. Ces chevaux étaient montés indifféremment pour la chasse ou la guerre.

Avant l'époque des Trois Royaumes, on sait que des batailles montées se sont produites contre les peuplades nomades, elles-mêmes expertes en équitation. Notamment le royaume de Goguryeo eut à affronter les Bukbang (barbares du Nord) avec l'aide des Gibyeong. Ce faisant, l'art militaire équestre s'y trouva très fortement développé.

Ainsi, le Royaume de Goguryeo était très réputé pour la haute estime dans laquelle y étaient tenus les arts équestres. Ce fait était notamment dépeint dans le Tableau des Chasseurs (Suryeopdo, 수렵도, 狩獵圖) que l'on peut voir dans une tombe de Goguryeo (actuellement dans les frontières chinoises) : on y voit notamment quatre cavaliers chassant à l'arc, l'un tirant sur un tigre ou un autre sur une biche ; les saisons y semblent être le printemps et l'automne.


D'un autre côté, à cette même époque, Shilla et Baekje n'étaient pas si avancés dans les arts équestres. Il n'y a pas par exemple de trace que des chevaux ont été utilisés pour la chasse mais, dans les archives, il y est indiqué qu'il y eu des batailles montées. De l'époque de Shilla unifiée, il reste encore de nombreuses statuettes représentant des guerriers menant leur cheval à la chasse ou de cheval seul. Dans le "Samguk Sagi", de nombreux passages décrivent encore les cavaliers de Goguryeo, de Shilla et de Baekje, leurs vêtements, leurs équipements, leurs selleries.

A l'époque Goryeo, on trouve des troupes de cavaliers nommées Shingigun (신기군, 神騎軍, littéralement l'Armée montée des Dieux). Par exemple, lors de la 9ème année de son règne (1104), Sukjong, sur les recommandations de Yungwan, envisagea de détruire le royaume de Yeojin (?, royaume qui visiblement faisait des raids par vagues ininterrompues sur son voisin). Au milieu de chaque unité montée était placé un Shingigun. Afin d'impressionner et de défaire les cavaliers de Yeojin, les Shingigun rassemblèrent tous les nobles militaires et civils, les marchands, les esclaves et les autres hommes valides. Ils les armèrent et les organisèrent comme des cavaliers. Un nommé CHOE U les entraîna chaque jour jusqu'à ce qu'ils y prirent de l'aisance. Il s'attira ainsi une forte réputation d'instructeur et d'organisateur de troupes montées.

C'est visiblement à l'époque Goryeo que les guerriers, afin de s'entraîner à l'équitation, développèrent le Gyeokgu (sorte de jeu de polo). C'est en tout état de cause à cette époque que ce jeu devint très en vogue.

Durant la période Joseon, l'équitation demeura l'un des arts martiaux les plus importants, ainsi que l'art de la chasse. Malgré l'apparition des armes à feu, ce prestige dura. Ainsi, le Roi Sejong encouragea la pratique du Gyeokgu à fin militaire en déclarant : "Un homme devenant bon en Gyeokgu saura aussi bien monter à cheval et y tirer à l'arc que manier la lance et l'épée". Ainsi, la pratique du Gyeokgu fut-elle perpétuée avec engouement par les militaires de cette époque comme l'un des arts martiaux les plus importants.

Au 18ème siècle, le Shôgun Tokugawa invita BAK Gyeong-Haeng (박경행, 朴敬行), un cavalier célèbre pour son habileté à l'équitation (Masangjae), à venir au Japon pour y démontrer son art. Cette habileté équestre deviendra l'une des disciplines enseignée au sein de l'école Daihei Honryû (大坪本流).

Démonstration de BAK Gyeong-Haeng par un peintre japonais


De nos jours, la pratique de l'équitation traditionnelle s'est perpétuée et se distingue maintenant en 3 pôles d'étude :

- les Arts Martiaux à cheval (Masang Muye, 마상 무예, où l'on retrouve les techniques décrites dans le Muye Dobo Tongji, ainsi que le tir à l'arc)
- le Polo traditionnel (Masang Gyeokgu, 마상 격구)
- l'habileté équestre (Masangjae, 마상재)

Date de dernière mise à jour : 02/10/2011

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